Compte tenu de ses caractéristiques (taille, encombrement, poids), le patrimoine technique pose intrinsèquement la question de sa nature « mobilière ». Les équipements de production et de transformation de la matière constituent un aspect central du patrimoine industriel, donnant aux ateliers leur fonction, donc leur sens. Leur conservation est donc étroitement liée à celle des bâtiments qui les abritent. La désindustrialisation a été fatale tant pour le patrimoine immobilier que pour les équipements techniques, qui ont très fréquemment été revendus ou ferraillés. Rares sont les cas où le matériel a pu être transmis, a fortiori in situ. En Franche-Comté, le maintien tardif de certaines activités, parmi lesquelles dominent la meunerie et la métallurgie, a parfois permis le maintien sur place du matériel (taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne, saline de Salins-les-Bains), mais l’intérêt manifeste pour ce patrimoine n’a pas toujours suffi à éviter leur disparition (forge Clément à Corravillers). En outre, leur présentation au public pose des questions spécifiques de médiation, donc des moyens nécessaires pour expliciter leurs actions et leurs fonctions.