Résumé
En 1871, l’ouverture du tunnel de Fréjus entre la Savoie et le Piémont provoqua de profonds bouleversements dans la vie économique de Modane à la fois territoire de montagne et de frontière. La liaison ferroviaire avec le Piémont-Sardaigne consacra le statut international de la gare et permit la création de plusieurs rizeries, établissements destinés à traiter et commercialiser le riz brut. Les producteurs italiensvinrent s’implanter dans l’Hexagone pour éviter les lourdes taxes à l’exportation qui frappaient le riz italien entrant en France. Ce même axe ferroviaire reliait également les ports de Gênes et de Marseille où débarquaient les riz asiatiques. Un espace favorable à la localisation de rizeries émergea en ces lieux. Quatre rizeries ont existé à Modane et à Fourneaux entre le début du XX e siècle et la Seconde Guerre mondiale. Entre 1935 et 1946, le développement de la riziculture en Camargue provoqua l’arrêt des importations, et la fermeture de ces rizeries. Deux d’entre elles, encore visibles aujourd’hui, ont été reconverties pour accueillir de nouvelles fonctions.
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À Saint Denis, lorsqu’on longe la Seine en allant vers Paris, sur le boulevard de la Libération, se déroulent, côté droit, les berges de la charmante Île-Saint-Denis. Après avoir dépassé le pont du même nom, on découvre, côté gauche, en hauteur, imposant, un étrange édifice, datant du XIXe siècle. Un gros cube à l’ancienne, largement délabré : c’est la maison Coignet.
Cette maison, prototype des constructions en béton Coignet , est la trace d’une innovation majeure dans l’histoire mondiale de la construction, la première tentative – réussie – de rationalisation et d’industrialisation du béton, innovation réalisée par un homme dont la construction n’était pourtant pas le métier, François Coignet.
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En Savoie, comme dans le reste de la France, de plus en plus d’entreprises ouvrent leurs portes pour faire découvrir leurs coulisses au grand public. Toutes les filières économiques sont représentées : de l'industrie à l’artisanat en passant par l’agroalimentaire. Cette recherche de transparence et d’authenticité répond à des enjeux de communication – responsabilité sociétale des entreprises, commerciaux et de recrutement. Des entreprises savoyardes connues ont fait ce pari comme la Filature Arpin, la Brasserie des Cimes ou encore la coopérative laitière du Beaufortain. La visite d’entreprise, aussi appelée tourisme de savoir-faire ou tourisme industriel, est en plein essor. En 2023, en France plus de 20 millions de visiteurs ont découvert les coulisses de 3 500 entreprises, selon les derniers chiffres de l’association nationale Entreprise et Découverte qui œuvre au développement et à la promotion de la filière depuis 25 ans. Cet engouement autour des visites d'entreprise s’explique par le caractère unique de cette offre touristique : la découverte in situ des savoir-faire et l'interaction directe entre le public et les salariés. Le tourisme de savoir-faire est un spectacle en soi et valorise le patrimoine industriel encore en fonctionnement de nos entreprises Ces caractéristiques permettent au tourisme de savoir-faire de s’imposer comme une véritable exception culturelle française.
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Si thermalisme, architecture suggestive et tourisme vont de pair dans les études historique réalisées, les aspects patrimoniaux de nature techniques restent largement dans l’ombre. Un chantier en cours à Aix-les-Bains permet de découvrir les traces des circuits que suivaient les eaux thermales nécessaires aux soins. Ils témoignent d’une histoire riche et continue d’améliorations techniques. L’exploitation de ces eaux ne put être réalisée qu’avec le concours d’un ensemble discret d’ingénieurs, de techniciens hydrauliciens et de plombiers. Tout un travail de l’ombre accompagna le développement de l’infrastructure en lien avec l’évolution des techniques thermales, pour lesquelles l’établissement, propriété de l’État pendant 150 ans (1860-2011), a toujours cherché à s’imposer comme la référence nationale.
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Compte tenu de ses caractéristiques (taille, encombrement, poids), le patrimoine technique pose intrinsèquement la question de sa nature « mobilière ». Les équipements de production et de transformation de la matière constituent un aspect central du patrimoine industriel, donnant aux ateliers leur fonction, donc leur sens. Leur conservation est donc étroitement liée à celle des bâtiments qui les abritent. La désindustrialisation a été fatale tant pour le patrimoine immobilier que pour les équipements techniques, qui ont très fréquemment été revendus ou ferraillés. Rares sont les cas où le matériel a pu être transmis, a fortiori in situ. En Franche-Comté, le maintien tardif de certaines activités, parmi lesquelles dominent la meunerie et la métallurgie, a parfois permis le maintien sur place du matériel (taillanderie de Nans-sous-Sainte-Anne, saline de Salins-les-Bains), mais l’intérêt manifeste pour ce patrimoine n’a pas toujours suffi à éviter leur disparition (forge Clément à Corravillers). En outre, leur présentation au public pose des questions spécifiques de médiation, donc des moyens nécessaires pour expliciter leurs actions et leurs fonctions.
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Lors de recherches approfondies sur l’histoire industrielle de la vallée de l’Avre , aux XIX et XXe siècles, rivière frontière entre les départements de l’Eure-et-Loir et de l’Eure, les archives nous avaient livré avec beaucoup de détails la polémique qui s’était développée dans la région à la suite de la décision de la Ville de Paris, dans les années 1880, de capter les sources de la région de Verneuil-sur-Avre pour alimenter la capitale en eau potable. Ce choix avait profondément ému et excédé les nombreux industriels installés le long de la rivière qui, depuis le début du XIXe siècle, utilisaient l’énergie hydraulique dans leurs établissements et craignaient de voir son débit grandement affecté.
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Référence
76-juin-2020-patrimoine-industriel-pdf
Titre
Numéro 76 Patrimoine Industriel (pdf)
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Sous l’impulsion de Louis Michel Villaz (1843-1911), ingénieux mécanicien, la commune de Beaurepaire (Isère) où il s’est installé, est l’une des premières de France à avoir bénéficié de l’éclairage public de ses rues. Il utilise l’énergie produite par une locomobile à vapeur, initialement utilisée pour le battage du blé, pour actionner une dynamo et éclairer les premières ampoules Edison dans les foyers et les rues du bourg en 1883
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Le Musée Savoisien, créé en 1864 par Pantaléon Costa de Beauregard, a évolué pour intégrer divers aspects de l'industrie, notamment après sa rénovation en 2023. De 1864 à 2014, les collections industrielles étaient limitées, incluant des objets artisanaux et des produits manufacturés comme des faïences et des indiennes. La rénovation récente a permis de renforcer la place de l'industrie dans le musée. Le nouveau parcours permanent explore l'histoire géopolitique mais aussi économique et sociale de la Savoie. L'industrie est abordée de manière transversale, avec une attention particulière à l’électrochimie et l’électrométallurgie dans la salle "Ressources" mettant en lumière l'exploitation des ressources naturelles dont l'hydroélectricité. Des acquisitions récentes, comme des tableaux et des artefacts, enrichissent la présentation de cette thématique. Des outils de médiation, comme une grande maquette et des cartes interactives, aident les visiteurs à comprendre l'importance historique et contemporaine de l'hydroélectricité en Savoie. La refonte du musée a également favorisé des collaborations avec des entreprises locales, ouvrant la voie à de futures acquisitions reflétant l'histoire industrielle du territoire.
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