Résumé
Le nouveau port rhénan de Strasbourg, capitale du Reichsland, aménagé entre 1898 et 1900, fait office de banc d’essai pour les protagonistes du béton armé naissant dans la province annexée. Du fait de l’ampleur des constructions projetées et du calendrier resserré des réalisations, les nouveaux bassins s’imposent comme le laboratoire régional du nouveau système constructif.
L’ingénieur Édouard Zublin, les architectes Jacques-Albert Brion et Eugène Haug, puis d’autres à leur suite, s’approprient le nouvel art de bâtir, le perfectionnent et font sortir de terre entrepôts et silos qui confèrent son identité propre à ce territoire portuaire. Les premières figures de ce corpus puisent aux sources de l’historicisme monumental, parant les constructions monolithiques de dispositifs architecturaux et d’artifices ornementaux pour en gommer la rigidité. Un glissement s’opère progressivement vers des formes plus rationnelles et plus fonctionnelles faisant la part belle aux lignes droites et aux élévations épurées affichant leur grille structurelle. Le legs de cette période faste est aujourd’hui significativement amputé. De puissants totems y rappellent cependant les riches heures du commerce des grains et de l’industrie strasbourgeoise de la mouture.
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Jean Pierre Houssel, professeur émérite à l’Université Lumière Lyon 2, nous a quitté le 19 avril 2020 à Lyon à l’âge de 85 ans. Géographe, il a enseigné la géographie et l’aménagement du milieu rural à la faculté des lettres de Lyon puis à l’Université Lumière Lyon 2.
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Résumé
En 1978, l’auteur de cet article découvre qu’un bâtiment près de chez lui était à l’origine une gare ferroviaire construite à Paris à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878 par Juste Lisch, architecte, notamment, de la gare Saint-Lazare. En 1897, elle avait été démontée et reconstruite à Asnières en banlieue nord-ouest, où elle remplaçait des ateliers en bois détruits lors d’une tempête. De 1924 à 1936, le bâtiment fut utilisé comme gare terminus de la première ligne électrifiée au départ de Paris-Saint-Lazare. Menacée ensuite de démolition, la gare est finalement inscrite au titre des Monuments historiques en 1985. Mais, au cours des années suivantes, aucun projet de reconversion n’aboutit et le bâtiment tombe en ruine. Un jeune entrepreneur installé à Asnières voyait la gare tous les matins depuis chez lui et commence à alerter l’opinion et à interpeller les élus locaux, notamment le maire d’Asnières. En 2018, le site figure parmi les lieux retenus pour le concours d’architecture « Inventons la Métropole du Grand Paris ». L’équipe d’architectes et d’experts constituée par l’entrepreneur emporte le concours pour la gare avec un projet intitulé « Cité du voyage et de l'entrepreneuriat ». Celui-ci conserve la structure historique du bâtiment en y insérant des espaces tertiaires et d’accueil du public. Restaurée à sa gloire d’antan, la gare reconvertie devrait être réouverte fin 2022.
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Résumé
Dans les années 1980, la ville de Vierzon (Cher) jusqu’alors dotée d’une industrie florissante, doit faire face à un phénomène de désindustrialisation rapide. Le processus de patrimonialisation mis en oeuvre dès le début des années 2000 concerne le patrimoine matériel mais s’interroge également sur les conditions de sauvegarde d’un patrimoine immatériel. Une collaboration initiée dès 2010 entre la ville de Vierzon, son musée et des sociologues de l’Université de Tours, donnera lieu en 2015 au projet de recherche Memoviv. L’ambition est de recueillir et de partager la mémoire du travail à Vierzon au travers d’entretiens filmés et de leur mise à disposition vers un public de chercheurs, mais aussi d’amateurs. Le recours au film apporte une contribution utile à la connaissance et à la médiation du patrimoine industriel vierzonnais. Une archive inédite, par le nombre d’entretiens environnés scientifiquement (une centaine d’heures de témoignages), est aujourd’hui consultable en ligne. En prenant l’exemple de la mémoire du travail de la société américaine Case, ex -Société Française de Matériel Agricole et Industriel dont une majorité des bâtiments a été conservée et une partie est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, nous montrons que l’existence de traces matérielles constitue un véritable atout pour la recherche, en particulier par leur rôle dans la réactivation de la mémoire.
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Le site de la Cour de Lorraine à Mulhouse (Haut-Rhin) a fait l’objet d’une fouille archéologique préventive en 2015. Outre la mise au jour d’une occupation antique et de la muraille médiévale de la ville, cette opération a permis la redécouverte du passé industriel de la Cour de Lorraine, qui accueille une école depuis le dernier quart du XIXe siècle. Les vestiges de bâtiments liés à une manufacture d’impression sur étoffe de la seconde moitié du XVIIIe siècle, oeuvre de Jean-Henri Dollfus, ont pu être partiellement appréhendés, de même que ceux d’une filature édifiée au début du XIXe siècle par Nicolas Koechlin. Si les bâtiments industriels étaient connus par diverses sources iconographiques et écrites, l’archéologie a contribué à préciser, outre l’évolution des matériaux et des modes de construction, des aspects moins documentés, comme la gestion de l’eau sur le site ou les modes de production d’énergie. Trois socles maçonnés de machines à vapeur, installés successivement entre 1820 et 1870, témoignent ainsi des mutations technologiques à l’oeuvre dans le courant du XIXe siècle.
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