Avec Louis – qui était mon collègue à l’université Rennes 2 et que j’estimais beaucoup pour sa grande gentillesse, son humour bonhomme et sa disponibilité – nous n’avons jamais parlé ensemble de notre intérêt commun pour l’industrie et les machines. Je n’ai lu ses livres Machines à papier (EHESS, Paris, 1996), L’Abbaye de Fontenay. De Saint Bernard au patrimoine mondial (Belin-Herscher, Paris, 2003) et Aristide Bergès, une vie d’innovateur. De la papeterie à la houille blanche (PUG, Grenoble, 2013) qu’après sa disparition.
Il ne faut pas se fier au titre du deuxième de ses trois livres. Au XIXe siècle, l’Abbaye de Fontenay, entre sa première vie consacrée à la prière et sa troisième vie en tant que pièce du patrimoine mondial, a été une papeterie prospère envahie – église comprise – par des machines et qui, vers 1865, a employé plus de 200 personnes. Bref, les trois livres de Louis ne parlent que d’une seule et même chose : l’industrialisation du secteur de la papeterie. C’est sur Louis en tant qu’historien de la technique que portent ces quelques lignes.