Le hangar Y, situé à Chalais-Meudon au sud-ouest de Paris dans les Hauts-de-Seine, est construit en 1879 en utilisant des portiques récupérés à la galerie annexe des machines françaises de l’Exposition universelle de 1878. Dépendant de l’Établissement central d’aérostation militaire, il devient célèbre en 1884 pour le voyage de La France, le premier dirigeable au monde à pouvoir revenir à son point de départ. Le bâtiment est protégé au titre des monuments historiques en 1981, sa charpente métallique attribuée alors à l’entreprise de Gustave Eiffel. Cette charpente est due, en réalité, à l’ingénieur Henri de Dion et à l’entreprise Moisant-Laurent-Savey.
À cette protection succède une période où le hangar n’a aucune affectation réelle mais pendant laquelle les services du ministère de la Culture, propriétaire du bien, entreprennent des campagnes de restauration sur le toit et sur les poteaux.
En 2018, le bâtiment est concédé à une entreprise privée de promotion culturelle qui le transforme en lieu d’événementiel et d’art contemporain. La comparaison de la présentation de l’édifice par deux revues, Beaux Arts magazine et la revue L’Archéologie industrielle en France, inspire cet article qui pose la question de la place de l’art contemporain dans l’appréciation du patrimoine industriel, et vice-versa.