Numéro 87/88 Patrimoine Industriel

PI 87-88 couverture

4. Editorial - Marie-Laure Griffaton

6. Hommage  Serge Benoit - Bernard Rignault, Bernard André, Gérar Emptoz, Alain Michel

14. Neil Cossons - Dominique Ferriot

16. La Raffinerie Béghin-Say (1935-1941) à Nantes - Solen Péron-Bienvenu

28. Un Atlas des restes du Bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais - Lucas Monsaingeon

36. Au Bord de l'oubli, le triste destin de la forge de la joie - Claudine Cartier, Ronan Pérennès

48. Le Chantier du canal de Corinthe (1882-1893) - Jean-François Belhoste

54. A la recherche d'un "petit patrimoine industriel" dans le 13e arrondissement de Paris - Geneviève Deblock

60. La Frise du travail - Claudine Cartier

68. Le Pont de Anglais, un monument ferroviaire d'exception - Paul Smith

74. L'Usine Christofle de Saint-Denis - Antoine Furio

78. Portefolio- Stéphane Asseline

 

Expositions :

92. Nancy 1925, une expérience de la vie moderne - Odile Lassère

96. Parcours, 100 œuvres qui racontent le travail - Claudine Cartier

100. Moisson Express, au Compa, Chartres - Dylan Courtin

 

Aperçu et découvertes

106 Briqueteries familiales en Inde du nord - Gérard Salagnon

 

Prix CILAC

112. Les Pentes de la Croix-Rousse sauvées par la mémoire canut - Agathe Tavel

116. Quel avenir pour les moulins à eau en Wallonie ? - Valentin Bouvry

120. Ce qu'il reste, la démolition des derniers hauts fourneaux de Lorraine et l'impossible controverse patrimoniale - Thomas Tournade

 

126. Week-end à Clermont-Ferrand - Jean Chaubet

132. Protections au titre des Monuments Historiques en 2024 - Géraud Buffa

138. Le Congrès du TICCIH  Kiruna - Florence Hachez-Leroy, Marie Delisle, Louis Teyssedou

144. TICCIH, rapport national France, Paul Smith

148. Vitrine du libraire

156 Résumés / Abstracts

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Numéro 87-88 Patrimoine Industriel
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4-5
Marie-Laure GRIFFATON
PI - 87-88 Editorial - Griffaton (4-5)
2,50 €
6-13
Bernard André
PI - 87-88 Hommage à Serge Benoit - Rignault, André, Emptoz, Michel (6-13)
2,50 €
14-15
Dominique FERRIOT
PI - 87-88 Neil Cossons - Ferriot (14-15)
2,50 €
16-27
Solen PERON-BIENVENU
PI - 87-88 La Raffinerie Béghin-Say (1935-1841) à Nantes - Peron-Bienvenu (16-27)

Implantée en bord de Loire et récemment inscrite au titre des monuments historiques, l’usine Béghin-Say est la dernière raffinerie et la plus moderne, construite à Nantes de 1935 à 1940 pour les Raffineries et Sucreries Say. À l’origine, elle comptait une papeterie intégrée, aujourd’hui indépendante des activités du groupe coopératif sucrier Tereos présentes sur le site. Il s’agit aussi de la dernière raffinerie de sucre de canne de la côte atlantique ; son activité de raffinage a cessé en 2009.
Emblématique de l’histoire industrialo-portuaire, non seulement à l'échelle nantaise mais à l'échelle nationale, elle se distingue par l’ampleur de son site (5 hectares) et, notamment, par la verticalité de ses tours dédiées aux sucres raffinés et aux sirops. Les ateliers de construction Schwartz-Haumont étaient le principal entrepreneur des bâtiments à ossature métallique de ce site industriel.

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28-35
Lucas MONSAINGEON
PI - 87-88 Un Atlas des restes du Bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais - Monsaingeon (28-35)

Cet article revient sur la constitution d’un atlas des restes du Bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais dans le cadre d’une thèse en architecture. Terrils, chevalements, cités minières, équipements et monuments commémoratifs inscrits par l’UNESCO y sont redessinés à la même échelle. L’atlas constitue un outil essentiel pour comprendre, documenter et comparer ce patrimoine industriel à grande échelle.
Au-delà de la description et de la connaissance du territoire, il permet aussi de penser sa protection, sa vlorisation et sa transformation future.

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36-47
Claudine CARTIER
PI - 87-88 Au Bord de l'oubli, le triste destin de la forge de la joie - Cartier, Pérennès (36-47)

Grâce à une peinture datée de 1827, attribuée à Prosper Saint-Germain, l’histoire de la forge de La Joie à Hennebont (Morbihan), installée sur le site d’une ancienne abbaye cistercienne, a pu être retracée. Cette œuvre a permis de redécouvrir visuellement cette forge aujourd’hui disparue. D’une grande précision, elle a probablement été commandée par le directeur de l’établissement, Thomas Guérin, afin de valoriser cette réalisation industrielle.
Fondée dans les années 1820, la forge s’inscrit dans le mouvement d’industrialisation inspiré des techniquesanglaises, notamment le puddlage et l’utilisation de la machine à vapeur. Elle disposait d’équipements modernes pour l’époque, mais dépendait fortement d’approvisionnements coûteux en charbon et en fonte, ainsi que d’une main-d’œuvre anglaise spécialisée. Malgré des investissements importants, l’entreprise connaît rapidement des difficultés : coûts élevés, production peu rentable et problèmes techniques. Incapable de s’adapter, la forge ferme dès 1833 et ses installations sont abandonnées, laissant place à des ruines.
L’échec de La Joie illustre les limites de certaines tentatives d’industrialisation rapide en France au début du XIXe siècle. Il met aussi en évidence les transformations du secteur métallurgique, marqué par le passage d’un modèle traditionnel au bois vers des techniques modernes, ainsi que l’arrivée de nouveaux investisseurs souvent extérieurs au métier. Ainsi, la forge de La Joie apparaît comme un exemple emblématique d’expérimentation industrielle avortée, révélant les défis économiques, techniques et humains de la révolution industrielle naissante en Bretagne.

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48-53
2.2Jean-François.BELHOSTE
PI - 87-88 Le Chantier du canal de Corinthe (1882-1893) - Belhoste (48-53)

C’est entre 1882 et 1893 que fut creusé, à travers l’isthme de Corinthe, un canal long d’environ 6 km qui allait permettre aux navires d’éviter le contournement du Péloponnèse. Il est toujours en activité et porte encore la marque des techniques de forage qui y ont été mises en œuvre pour l’aménagement notamment des deux ports extrêmes d’Isthmia et de Poseidonia ou encore pour le creusement de la roche qui forme le dos d’âne de la partie centrale. Ce grand chantier utilisa, entre autres, un petit chemin de fer démontable type Decauville qui, à la fin des travaux, fut transporté et remonté sur le chantier de la Grande Fouille de Delphes. Les quelques vestiges – rails et wagonnets – qui y subsistent, constituent des témoins matériels de ces deux grandes opérations de génie civil et d’archéologie qui se sont succédées en Grèce, à la fin du XIXe siècle, avec l’intervention d’ingénieurs et d’archéologues français.

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54-59
Geneviève DEBLOCK
PI -87-88 A la recherche d'un "petit patrimoine industriel" dans le 13e arrondissement de Paris - Deblock (54-59)

La mise en place par la mairie de Paris, en 2024, d’un observatoire du petit patrimoine, témoigne d'une nouvelle démarche, n’étudiant pas uniquement les monuments historiques remarquables. Cette conception du patrimoine permet de se pencher sur les vestiges laissés ou disparus, matérialisant l’histoire et nourrissant la mémoire locale et sociale du 13e arrondissement industriel et ouvrier, qui sans cela seraient peu à peu éliminés de notre environnement

2,50 €
60-67
Claudine CARTIER
PI - 87-88 La Frise du travail - Cartier (60-67)

La Frise du Travail, réalisée pour l’Exposition universelle de 1900 à Paris, e st une œuvre monumentale conçue par l’architecte René Binet et sculptée par Anatole Guillot . Installée sur la porte monumentale place de la Concorde, elle représente, en grès émaillé, deux longues cohortes de travailleurs issus de nombreux métiers. Cette œuvre s’inscrit dans un contexte artistique où la figure de l’ouvrier, longtemps ignorée par la sculpture, devient un symbole central du travail et de la modernité industrielle à la fin du XIX e siècle. Guillot adopte un style naturaliste, montrant des ouvriers en tenue contemporaine, loin des représentations idéalisées antiques.
La frise met en scène plus de vingt métiers (agriculture, industrie, artisanat), illustrant la contribution collective des travailleurs à l’Exposition.
Elle valorise leur dignité, leur force et leur rôle dans la société, en accord vec les valeurs de la Troisième République. Techniquement, sa réalisation mobilise des procédés complexes de moulage et de cuisson du grès dans les ateliers de la tuilerie Émile Muller à Ivry, garantissant solidité et qualité esthétique. Après l’Exposition, la frise est partiellement récupérée mais connaît un destin difficile : stockage, faillite de l’entreprise, dégradations et vandalisme. Redécouverte comme élément patrimonial à la fin du XXe siècle, elle est inscrite aux monuments historiques en 1999. Aujourd’hui, des initiatives visent à restaurer cette œuvre, témoin majeur de l’histoire industrielle et artistique, célébrant la place essentielle des travailleurs dans la société.

2,50 €
68-73
Paul SMITH
PI - 87-88 Le Pont de Anglais, un monument ferroviaire d'exception - Smith (68-73)

Situé sur le territoire de la commune de Cruet (Savoie), le pont Victor-Emmanuel est un pont ferroviaire construit de 1855 à 1856 pour franchir l’Isère à l’entrée de la combe
de Savoie. Il est désaffecté en 1876 lors de la mise en service par la Compagnie PLM d’un nouveau tracé du chemin de fer sur la rive droite de la rivière : en face, la ligne est
fragilisée par le terrain marécageux qu’elle traverse. Dévolu en chemin vicinal aux piétons et aux véhicules locaux, le pont est cédé au département en 1887.

2,50 €
74-77
Antoine FURIO
PI - 87-88 L'Usine Christofle de Saint-Denis - Furio (74-77)

Début 2025, le Musée des arts décoratifs de Paris consacrait une brillante exposition à l’orfèvre Christofle. La part belle faite aux productions de la maison aura quelque peu éclipsée l’histoire de l’un de ses établissements majeurs, l’usine de Saint-Denis. Première unité de production des couverts en métal argenté ouverte par l’entreprise à la fin des années 1870, elle accueille progressivement toutes ses activités. Inscrite Monument historique en 2007, immédiatement après sa fermeture, demeure un rare exemple de manufacture d’orfèvrerie ayant conservé sa configuration d’origine. 

2,50 €
78-91
Stéphane ASSELINE
PI - 87-88 Portefolio- Asseline (78-91)

En mars 2021, le groupe Stellantis, formé en janvier de cette-année-là par la fusion de PSA Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler Automobiles, a fermé son usine d’estampage à Saint-Ouen-sur-Seine (Seine-Saint-Denis) et vendu le site à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour la création d’un nouveau campus hospitalo-universitaire. Stellantis n’a pas souhaité autoriser le service de l'Inventaire général du patrimoine culturel de la Région Île-de-France à réaliser des prises de vue dans l’usine encore en activité, mais, suite à un accord entre l’Inventaire et la nouvelle maîtrise d’ouvrage, AP-HP, une campagne photo a pu être entreprise en 2022 sur les ateliers vides, dont les plus anciens remontaient à l’usine Farcot, constructeur de machines à vapeur installé à Saint-Ouen depuis 1846.

2,50 €
92-95
Odile LASSERE
PI - 87-88Nancy 1925, une expérience de la vie moderne - Lassère (92-95)

Le centenaire de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes, qui eut lieu à Paris en 1925, est l’occasion pour le musée des Beaux-arts de Nancy de célébrer la formidable vitalité artistique de Nancy et de la Lorraine dans l’entre-deux-guerres. Labellisée « d’intérêt national », l’exposition, dont le commissariat réunit les équipes du musée des Beaux-arts, du musée de l’École de Nancy et du Musée lorrain, est exceptionnelle par sa thématique, qui invite le visiteur à parcourir plusieurs décennies de création durant lesquelles les industries nancéiennes et lorraines furent toujours à la pointe de « l’esprit du temps », et par le nombre d’œuvres réunies (plus de 300).

2,50 €
96-99
Claudine CARTIER
PI - 87-88 Parcours, 100 œuvres qui racontent le travail - Cartier (96-99)

L’exposition 100 œuvres qui racontent le travail – Travailler au XIXe siècle, présentée au musée d’Orsay en 2026, s’inscrit dans une opération nationale mobilisant vingt-trois musées de France autour de la circulation d’œuvres issues des collections nationales. Dans le prolongement de l’initiative consacrée au climat en 2025, ce projet entend interroger la manière dont les artistes du XIXe siècle ont représenté le travail. Cette exposition aurait dû permettre de penser la représentation du travail au XIXe siècle à partir d'une problématique entre histoire sociale et histoire de l’art avec ses enjeux historiographiques mais les limites d’un dispositif muséalla restreignent considérablement.

2,50 €
100-105
Dylan COURTIN
PI - 87-88 Moisson Express, au Compa, Chartres - Courtin (100-105)

Lors de la tenue de son assemblée générale en mars 2026, le CILAC a eu le plaisir de découvrir l’exposition Moisson Express proposée par le Compa – musée de l’agriculture. Réalisée dans le cadre de l’écriture du nouveau projet scientifique et culturel du musée,  pour réaffirmer la pertinence de son emplacement, l’exposition rend hommage au bâtiment qui lui sert d’écrin : l’ancienne rotonde ferroviaire de Chartres.

2,50 €
106-111
Gérard Salagnon
PI - 87-88 Briqueteries familiales en Inde du nord - Salagnon (106-111)

Au nord de l’Inde, lors d’un voyage à l’automne 2023, j’ai pu découvrir le Rajastan avec un guide passionné par les splendeurs de son pays. Mais lors d’une sortie dans ces grands paysages, j’ai été intrigué en voyant au bord de la route une cheminée carrée qui n’était certainement pas au programme des visites. Ce n’était évidemment pas le thème du circuit touristique consacré aux villes, palais et temples splendides ou forteresses impressionnantes. Néanmoins, notre guide érudit m’expliqua qu’il s’agissait probablement de briqueteries, sans pouvoir m’en dire plus.

2,50 €
112-115
agathe TAVEL
PI - 87-88 Les Pentes de la Croix-Rousse sauvées par la mémoire canut - Tavel (112-115)

Au cœur de Lyon, entre les ruelles escarpées des Pentes de la Croix-Rousse, subsiste un patrimoine qui a failli disparaître à jamais : celui des canuts, célèbres ouvriers de l’activité textile lyonnaise. Aujourd'hui reconnu au titre de patrimoine mondial de l'UNESCO, l'ensemble bâti des Pentes de la Croix-Rousse a frôlé la destruction dans les années 1970, victime d'une politique de rénovation urbaine menée par la municipalité. Comment cet héritage canut a-t-il échappé aux démolitions ?
Retour sur le processus méconnu de sauvegarde et de patrimonialisation du quartier des Pentes de la Croix-Rousse, en lien avec la construction d'une histoire collective de l'activité soyeuse.

2,50 €
116-119
Valentin BOUVRY
PI - 87-88 Quel avenir pour les moulins à eau en Wallonie ? - Bouvry (116-119)

Le moulin de Cambron-Saint-Vincent, également désigné sous le nom de « moulin Camille Vos », est implanté le long de la Dendre Orientale et constitue un exemple particulièrement significatif de l’évolution des moulins hydrauliques en Wallonie. Par la richesse de ses vestiges techniques et la lisibilité de ses transformations architecturales, ce site permet d’appréhender sur le temps long les mutations de la meunerie rurale, depuis ses origines médiévales jusqu’à son abandon au XXe siècle.

2,50 €
120-125
Thomas TOURNADE
PI - 87-88 Ce qu'il reste, la démolition des derniers hauts fourneaux de Lorraine et l'impossible controverse patrimoniale - Tournade ( 120-125)

La démolition programmée des derniers hauts-fourneaux de Lorraine, connus sous le nom de Florange, ne se joue pas seulement sur le terrain de la ruine ou de la perte matérielle, mais dans celui plus décisif encore, des conditions mêmes de la pensée collective. En interrompant la présence de ces structures au quotidien et au temps présent, la démolition met un terme aux rapports sensibles possibles au lieu, aux temps et aux mémoires plurielles (valeurs pourtant essentielles de l’histoire et du souvenir d’une telle industrie) et referme l’espace de controverse qu’elles rendaient possible.

2,50 €
126-131
Jean CHAUBET
PI - 87.88 Week-end à Clermont-Ferrand - Chaubet (126-131)
2,50 €
132-135
Géraud BUFFA
PI - 87-88 Protections au titre des Monuments Historiques en 2024 - Buffa (132-137)3
2,50 €
138-143
PI - 87-88 Le Congrès du TICCIH Kiruna - Hachez-Leroy, Delisle, Teyssedou (138-143)
2,50 €
144-147
Paul SMITH
PI - 87-88 TICCIH, rapport national France, Smith (144-147)
2,50 €
148-155
PI - 87-88 Vitrine du libraire (148-155)
2,50 €